Le conte, pour rester en vie !

Actualisation 3 avril 2020 :

” Si l’on représentait chaque mois de l’année par un symbole comestible, avril serait un œuf. Je t’ai parlé de lui dès le premier jour du printemps. Donc, je redis : l’œuf, partout dans le monde, signifie naissance, vie nouvelle, résurrection. Or, sache que jusqu’au XVI° siècle, l’an nouveau commençait en avril. En avril renaissait le monde. Il y a quatre-cents ans, le pape Grégoire XIII en décida autrement et intronisa janvier. Mais l’œuf était planté dans l’esprit du peuple, et il y resta. Il y voisinait cependant avec le poisson. Et me voici amené à ouvrir ici une parenthèse. Il faut que je te dise, si tu l’ignores, l’origine de la coutume farceuse du poisson d’avril.
Le poisson était (est encore) symbole de fécondité masculine. L’œuf, ce ventre de très pure forme, étant l’image de la maternité, ne t’étonne pas que les deux aient été mis ensemble pour signifier, en langage magique, la floraison du printemps nouveau. On offrait donc des poissons avec des œufs pour célébrer le premier avril, jour de l’an. Grégoire XIII et son premier janvier mirent simplement la coutume « sens dessus dessous », si l’on peut dire. On continua d’offrir des poissons, mais par dérision, pour se moquer des distraits et des simples qui ne parvenaient pas à se faire au nouvel ordre des choses. Ainsi le poisson tomba d’emblème de fécondité en décoration de sottise. Les symboles aussi connaissent parfois de cruelles décadences. “

(Henri Gougaud, L’Almanach)

En fait, au IIe siècle avant JC l’année débutait au 1er janvier. De l’Antiquité au Moyen-Âge des calendriers ont co-existé et n’étaient parfois plus du tout en concordance avec les saisons, c’est pourquoi le temps a été recadré plusieurs fois au cours de notre histoire.
Le printemps avec ses montées de sève est la saison de la fécondité, à cette période on pêche en abondance le maquereau, un poisson gras, et parce qu’on appelle du même nom les entremetteurs d’amour illicite, les dictionnaires du XVIe siècle définissent le poisson d’avril comme “un messager d’amour qui exerce l’infâme métier de débaucher les personnes du sexe”.
Au Moyen-Âge jusqu’à des temps plus laïques, on se devait de respecter le carême, période pas très rigolote symbolisée par une Vieille austère et son poisson maigre tandis que le joufflu Bonhomme Carnaval était associé au cochon bien gras avec son cortège de boudins et de saucisses. Il n’était pas non plus permis de rire jusqu’à Pâques. Or les abstinences et les interdits étaient brièvement suspendus à la mi-carême. Ce jour-là “on fendait la Vieille, on la sciait en deux”, et pour rire en douce on accrochait des dessins de scie ou de poisson dans le dos des vieilles gens…

Signé, un certain Mourka

une rose du Jardin d’Eden ….

La rose

” La rose
ne cherchait pas l’aurore :
Presqu’éternelle sur sa tige
elle cherchait autre chose.

La rose
ne cherchait ni science ni ombre :
Confins de chair et de rêve
elle cherchait autre chose

La rose
ne cherchait pas la rose :
Immobile dans le ciel
elle cherchait autre chose ! “

(Casida de la rosa, Federico García Lorca – Poème autobiographique, écrit un an avant l’exécution (l’assassinat) de Garcia Lorca par les milices franquistes)

Je suis

” Je suis.
Parvenir à faire en sorte que le verbe être devienne intransitif.
Dire « je suis » comme on dirait « il pleut ».
L’ignorance philosophique commence peut-être à l’impossibilité de trouver un qualificatif à « je suis ».
Se rendre compte qu’un qualificatif, quel qu’il soit, ne saurait être que partiel par rapport à l’état d’être.
La philosophie finit à l’épuisement des qualificatifs.
Là commence la mystique, l’exploration de mystère de l’être.
Je suis. ”
(Henri G.) 

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” L’attendait-elle ? Non, elle n’attendait personne. Quand le fils du sultan la vit dans le désert où il poursuivait des gazelles elle se tenait debout auprès d’un rocher blanc, et elle était si belle qu’il ne put chevaucher plus loin. Il la salua, elle non. Il la hissa sur sa monture. Sans rien dire elle se laissa faire. Il l’amena dans son palais, la fit nourrir, soigner, vêtir (sa robe n’était que poussière). Il la rejoignit dans sa chambre et ne put que s’agenouiller. Elle était la femme rêvée, mille fois approchée en songe, mille fois fuyante au réveil. Elle accepta de l’épouser.
Après un an elle eut un fils. Le prince lui offrit deux bracelets d’argent.
– J’aurais préféré, lui dit-elle, une grappe de raisins mûrs.
Après une nouvelle année leur vinrent un deuxième enfant. L’époux offrit à l’accouchée un collier d’ivoire et d’or fin.
– J’aurais préféré, lui dit-elle, une coupe de fruits mouillés.
Quand naquit leur troisième fils, elle se détourna du diamant posé près d’elle sur le drap.
– J’aurais préféré, mon ami, une simple gourde d’eau fraîche.
– Ma femme, quel malheur te tient ? Je t’offre des merveilles et que veux-tu ? Des riens !
– Tu sauras tout demain, répondit son épouse.
A l’aube ils s’en furent au désert. Par une brèche de rocher ils descendirent sous la terre.
Là était une vaste salle débordante de coffres d’or. Au fond étaient quatre squelettes vêtus de lourds et beaux habits.
– Voici ma famille, dit-elle. Ici fut une haute ville dont mon père était le sultan. Vois sa prodigieuse richesse. Hélas, un vent de sauterelles a ravagé nos champs, nos vignes, et tout le monde est mort de faim sur des fortunes inutiles. Je sais maintenant ce que sont les seuls véritables trésors. Toi, tu n’en saurais jamais rien. Va, laisse-moi à mon désert.
Il s’en fut, elle demeura seule, et le conte finit ici. “

(Henri Gougaud)

Article d’origine

Pour commencer, un petit conte magnifique qui nous fait découvrir tant le conteur que le conte

 (ses pensées du jour sont un elixir de jouvence nous invitant à l’essentiel de nous mêmes) 
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