Des pianistes de légende

Je vous propose de (re)découvrir des artistes qui ont marqué leur époque, chacun très différent ; notez en particulier la position des mains sur le piano … et vous remarquerez aussi qu’il n’y a que des hommes dans la période en question … ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui, nous en reparlerons, on peut même dire dèjà que ces dames ont pris une sacrée place dans le ghota pianistique du XXIème siècle …

Janvier 2020 : A l’occasion de la semaine Arturo Benedetti Michelangeli sur France musique je retiens cette extraordinaire interprétation de légende du 1er concerto de Beethoven par ce pianiste hors norme (qui a enseigné les plus grand.e.s pianistes de son époque comme Polini, Arguerich), dirigé par le non moins légendaire Carlo Maria Guilini. Mais venons en au fait, écoutez c’est divin … un seul regret, qu’il n’y ait pas eu la vidéo de cet enregistrement !

0:00 – Allegro con brio 18:31 – Largo 29:06 – Rondo. Allegro scherzando

Pour se consoler on peut voir Arturo dans le célébrissime 5 ème concerto du compositeur également dirigé par Guilini ; ça rigole pas : de vrais personnages de légende !

Autre pianiste de légende, l’incontournable Glenn Gould, grand spécialiste qui a donné à la musique de Bach un souffle tout à fait inédit qui a fait école. Et l’on ne peut parler de Glenn Gould sans mentionner ce qui l’a rendu le plus célèbre, les fameuses variations Goldberg du même JS Bach dont il a réalisé d’inconstestables interprétations de légende : une des plus récentes, celle de 1981 :

Pour les puristes, celle d’origine en 1954 :

Contemporain de Glenn Gould, Sviatoslav Richter fait figure de vétéran parmi ces géants du piano. Le voici en 1966 dans deux études de Rachmaninov, la première très agitée, la seconde plus fluide

Le jeu sans fioriture traduit une gestuelle caractéristique de l’époque : la musique à l’état brut, fidèle à la partition … on écoutera plus tard des pianistes de notre époque, cela n’a rien à voir ! Ici Sviatoslav Richter dans des oeuvres de Chopin et de Rachmaninov, en 1953 ! :

Autre grand maître de la même époque, Vladimir Horowitz que l’on ne présente plus. Le voici dans une oeuvre plutôt intimiste, la sonate 104 de Frédéric Chopin, où la délicatesse de son toucher excelle :

Une grande sensibilité et beaucoup de finesse également dans les interprétations mozartiennes comme dans le célébrissime “Impromptu” de Franz Shubert :

Plus jeune, ici à New York dans les grandes oeuvres du répertoire. Sublime de simplicité et de discrétion, remarquez comme toute la subtilité de son jeu se trouve dans sa concentration et la position “à plat” de ses doigts, caressant et sautillant à la fois sur le piano, sans de grands gestes ni levés de bras* ; incroyable d’arriver à jouer de cette façon avec une telle position ! * (un exemple parmi tant d’autres à la 26ème minute 18”, écoutez la légèreté du jeu dans cette oeuvre si “sérieuse, voire dramatique comme savait si bien les composer Rachmaninov), La direction de Zubin Mehta ne fait que mettre en valeur le talent de celui qui fut probablement un des plus grand pianiste du XXème siècle sinon le plus grand.

Un seul regret, l’enregistrement date un peu et le son est très moyen. Il ne rend certainement pas la qualité de ce que l’on a pu entendre ce jour là dans Avery Fisher Hall, New York, 1978

Pour terminer ce premier tour d’horizon des grands pianistes du répertoire classique, un peu dans la même veine que Vladimir Horowitz, je vous invite à retrouver un autre géant de cette deuxième partie du XXème siècle, Arthur Rubinstein, ici dans le Scherzo de Chopin (1988) :

On le retrouve quelques années auparavant en 1966

A suivre …

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